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19 juin 2017

MARSEILLE > Des coups de pinceaux colorés en forme d’alerte…

Classé dans : À savoir — fierementgay @ 11 h 32 min

Vendredi,  l’association LGBT, « Rainbow Cité », a organisé un rassemblement, Cours Julien, à Marseille, dans les Bouches-du-Rhône.

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« Make Marseille Queer Again » était le mot d’ordre de l’événement.

L’objectif est de faire de Marseille une cité plus ouverte et tolérante en donnant une visibilité à la communauté LGBT.

Le collectif avait donc décidé de repeindre les emblématiques marches du Cours Julien, dans le centre-ville, aux couleurs de l’arc-en-ciel, symbole du mouvement.

Le tout accompagné par des Djs, des grapheurs et soutenu par des associations LGBT de Marseille.

L’événement avait aussi une portée plus grande, relative aux nombreuses persécutions d’homosexuels et transgenres en Tchétchénie.

L’argent récolté par deux établissements, « La sardinade » et « La buvette », sera reversé à l’association « Urgence Tchétchénie », qui s’occupe d’aider des Tchétchènes dont l’orientation sexuelle ou le genre représentent un danger dans leur pays.

Pour Théo, qui a fondé « Rainbow Cité », l’enjeu est celui de la reconnaissance et de la visibilité.

Placer les symboles LGBT dans la rue est une garantie de la présence symbolique du mouvement, à défaut d’une présence physique.

« Car, avec l’état d’urgence, on est à la limite de la censure » explique-t’il.

« Les manifestations sont de plus en plus difficiles à organiser en accord avec les mairies et les préfectures ».

D’où la nécessité d’en passer par des chemins dérivés, comme cet évènement qui a suscité l’engouement en seulement une semaine.

« Toute l’histoire des luttes LGBT pour la reconnaissance de nos droits, c’est la visibilité politique et la présence dans la rue » explique Théo, avant de rappeler les émeutes de Stonewall à New-York en 1969, point de départ des revendications LGBT.

« Être présents dans la rue, c’est aussi rappeler aux pouvoirs publics qu’ils ne pas peuvent rester neutres et conservateurs sur ces questions, alors que des idéologies type Manif Pour Tous ont eu, depuis 2012, un regain de visibilité à l’échelle nationale et européenne. Il y a un véritable travail à faire sur ces questions, notamment à l’école. C’est fini de croire que la communauté LGBT pose problème ! ».

Le combat des associations LGBT, c’est donc d’abord d’alerter les pouvoirs publics.

Il en va de leur devoir d’apaiser tensions et violences.

D’autant plus que des cas d’agressions homophobes et transphobes ont déjà eu lieu à Marseille, l’an dernier.

Pour Théo, « l’heure doit maintenant être à la reconnaissance et à la sécurité. Mais, l’agenda politique de la ville est propre à une certaine vision de la Cité, qui n’est pas forcément favorable à l’expression de la diversité ».

En clair, il est difficile de mobiliser la municipalité autour des questions de genres et même d’orientations sexuelles.

C’est pourquoi les associations, grâce à ce genre d’événements, ont décidé de se charger de la communication.

À grands coups de pinceaux, s’il le faut ! 

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