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15 mai 2018

JAPON > Derrière la Gay Pride, encore beaucoup de discriminations…

Classé dans : À savoir — fierementgay @ 13 h 10 min

Sous la bannière des arcs-en-ciel brandis à bout de bras, la fierté de porter les couleurs de la diversité sexuelle.

1tokyo pride

Du 28 avril au 6 mai, la « Tokyo Rainbow Pride » a soufflé un vent de tolérance et de communion.

Un rendez-vous d’ampleur pour promouvoir l’égalité dans l’amour et pour placer, un instant, la communauté LGBT sous la lumière des projecteurs.

Le maître-mot était la construction d’une société et d’un monde où les gens se sentent libres d’être eux-mêmes, indépendamment de leur orientation sexuelle et de leur identité de genre.

L’homosexualité et l’identité de genre trouvent leurs échos dans la culture du Japon.

Les arts ne manquent pas d’y faire référence et l’histoire les a également écrites, notamment à travers les amours décrites entre hommes dans le monde guerrier des samouraïs.

Jusque dans les années 1900, la société japonaise était très tolérante vis-à-vis de l’homosexualité masculine.

Elle différait largement de l’Europe, où l’homosexualité était considérée comme un péché sur le plan religieux et un délit sur le plan pénal.

Pourtant, si le Japon a la réputation de la tolérance envers ces minorités sexuelles, le quotidien est une toute autre réalité.

Dans les faits, le silence est roi.

Le manque de tolérance repose, en effet, sur l’idée qu’appartenir à une minorité sexuelle doit rester secret d’alcôve.

La règle du « Tu ne parleras pas » reste monnaie courante.

Certes, la communauté homosexuelle a gagné en visibilité grâce au boom d’Internet, à l’exposition médiatique et à la présence de personnages homosexuels dans les feuilletons télévisés ou les films.

Certes, plusieurs travestis et transsexuels célèbres sont entrés dans le monde de la télévision.

Mais, ces avancées ne cachent pas le cruel manque de reconnaissance sociale.

Les souffrances sont encore nombreuses : manque d’information sur l’identité sexuelle, brimades, isolement, mises à l’écart, précarité, détresse psychique.

En mai 2016, « Human Right Watch » pointait la déficience du gouvernement japonais à protéger les élèves LGBT des moqueries et autres attaques à l’école.

Et ces violences n’étaient pas uniquement le fait des élèves, mais aussi des professeurs non sensibilisés à la cause.

« La rhétorique de haine anti-LGBT est quasiment omniprésente dans les écoles japonaises, murant les élèves LGBT dans le silence, la détestation de soi et dans certains cas la violence contre soi-même » écrivait l’organisation humanitaire.

Aux yeux des agresseurs, ces minorités constituent des proies faciles puisqu’elles ont très souvent honte de porter plainte.

Cette situation n’est certes pas propre au Japon, mais le pays souffre d’un grave retard concernant la protection des droits de ces minorités sexuelles.

Ce qui fait de la « Tokyo Rainbow Week » un événement tout particulièrement important.

Cette année encore, nombreux étaient les participants.

Ainsi, 150 000 personnes ont participé au festival d’une durée de 9 jours.

Le jour de clôture, dimanche 6 mai, ils étaient 7 000 à parader dans les rues de Harajuku.

L’heure était à la fête et à la fierté d’être soi, de s’assumer dans sa différence.

C’était aussi l’occasion de s’adresser aux politiques.

Le député, Kanako Otsuji, ouvertement homosexuel, a déclaré qu’il était « heureux de côtoyer beaucoup d’amis aujourd’hui. Mais, nous devons aussi travailler à développer des lois favorables aux LGBT ».

Les militants ont appelé à la tolérance et à la reconnaissance des mêmes droits que les couples hétérosexuels, notamment en ce qui concerne l’éducation et le mariage.

Au Japon, il n’existe toujours pas de législation pour freiner les discriminations dans les domaines de l’emploi, de l’éducation, de la santé, du logement et même des opérations bancaires.

Toutefois, quelques initiatives voient le jour.

De plus en plus d’entreprises surveillent de près les discriminations à l’embauche et proposent les mêmes droits pour tous.

En matière d’union, le mariage est toujours réservé aux personnes de sexe opposé.

Mais, de récents progrès ont été faits dans certaines localités, qui fournissent des certificats d’union civile.

En décembre 2016, la ville d’Osaka a fait un pas de plus en autorisant un couple homosexuel à devenir famille d’accueil pour un petit garçon.

Comme on le voit, des petits pas ont été faits, mais il reste encore beaucoup à faire dans ce pays où les jugements et les discriminations s’expriment par le silence.

La Gay Pride était donc l’occasion de revendiquer haut et fort l’égalité des droits.

Égalité et liberté dans l’amour, égalité et liberté des orientations sexuelles, égalité et liberté des identités de genre, tout en assurant la volonté de changer le regard de la société et faire accepter les différences au grand jour.

Car, s’il est plutôt facile de promulguer une nouvelle loi, changer les mentalités demande de déconstruire des préjugés tenaces dans le temps.

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