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12 juin 2018

PARIS > Chanter ou pas dans ce lieu meurtri, là est la question !

Classé dans : À savoir — fierementgay @ 10 h 52 min

La levée de boucliers, contre les prochains concerts du rappeur, Médine, pose à nouveau la question du statut du «Bataclan ».

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Cette salle peut-elle vraiment redevenir un lieu de spectacles comme un autre ?

À la réouverture du « Bataclan », un an après l’attentat, les patrons avaient clamé leur intention de ne pas faire un « mausolée » de cette salle réputée pour ses concerts rock, pop et rap.

« Notre métier, c’est d’amener de la musique, des concerts, des spectacles. C’eut été un abandon de ne pas revenir sur la scène. Cela revenait à la tuer deux fois » avait déclaré Jules Frutos, co-directeur, alors que Francis Cabrel ou Nicola Sirkis, entre autres, avaient fait part de l’impossibilité, pour eux, d’aller y rejouer.

Le leader d’Indochine avait notamment jugé « ignoble de rouvrir cette salle. Il faut en faire un sanctuaire, un monument ».

Depuis la réouverture, la programmation n’a pas suscité de polémique.

Jusqu’à l’annonce des concerts de Médine prévus en octobre prochain.

Il lui est reproché les paroles d’anciennes chansons comme « Jihad » ou « Don’t Laïk ».

Dans « Dont’t Laïk », sorti en janvier 2015, une semaine avant l’attentat de « Charlie Hebdo », Médine s’attaquait à la laïcité avec des paroles comme « Crucifions les laïcards comme à Golgotha ».

L’annulation des deux concerts a d’abord été réclamée via une pétition lancée par Grégory Roose, ex-délégué départemental du Front National dans les Alpes-de-Haute-Provence.

Une demande relayée par des élus de droite et d’extrême droite.

« Sacrilège pour les victimes, déshonneur pour la France » déclare Laurent Wauquiez, sur Twitter.

« Aucun Français ne peut accepter que ce type aille déverser ses saloperies sur le lieu même du carnage du Bataclan » écrit Marine Le Pen.

Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat, a appelé le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, à « utiliser contre ce rappeur les mêmes armes que celles utilisées contre Dieudonné pour interdire ses concerts ».

Pour eux, Médine ne peut exprimer ses paroles dans une salle visée par un attentat jihadiste.

« Life for Paris », association de victimes des attentats du 13 novembre 2015, est venu à la rescousse du « Bataclan » en soulignant que la salle « a aussi été victime des attentats et qu’elle est complètement libre de sa programmation, sous contrôle de la préfecture de police de Paris ».

« Notre association n’est pas un organe de censure. Elle est, et restera, apolitique et ne laissera personne instrumentaliser la mémoire des victimes des attentats à des fins politiciennes, comme c’est le cas dans cette affaire » explique le collectif.

« Une telle interdiction offrirait une formidable occasion à ce rappeur de s’ériger en victime de la censure » selon le mouvement laïque, « Printemps républicain ».

« Nous nous interrogeons, néanmoins, sur la responsabilité de la direction de la salle. Dans un tel lieu de mémoire, la logique purement commerciale ne peut s’imposer, seule, quant au choix des artistes invités à se produire sur scène ».

Lundi, le premier secrétaire du Parti socialiste, en a appelé au rappeur lui-même.

Olivier Faure a estimé que, « peut-être Médine devrait se poser la question de savoir si sa présence dans ce lieu, qui est devenu hautement symbolique, ne justifierait pas une prise de distance par rapport à ces anciennes chansons ».

L’an dernier, Médine avait reconnu avoir « eu la sensation d’être allé trop loin avec le titre, Don’t Laïk ».

« Des regrets qu’ils devraient renouveler plus fort » selon Olivier Faure.

À ce jour, Médine n’a pas réagi à la polémique.

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