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10 juillet 2018

BORDEAUX > « Mettre l’accent sur le Noureev interprète-danseur ».

Classé dans : À savoir,Regarder... Lire... Écouter — fierementgay @ 11 h 14 min

« Tant que mes ballets seront dansés, je serai vivant ».

1rudolf noureev

Vingt-cinq ans après sa mort, l’opéra national de Bordeaux, en Gironde, célèbre le danseur et chorégraphe, Rudolf Noureev.

Jusqu’au 2 septembre, une exposition photographique, tout en sensibilité et élégance, entre ballets classiques et expérimentations modernes, lui est consacrée.

« J’ai voulu mettre l’accent sur le Noureev interprète-danseur, comme un acteur de théâtre ou de cinéma qui vivait complétement ses rôles » explique son ami et ancien danseur, Daniel Agésilas.

Pour cela, il a choisi cinquante photos en noir et blanc qui composent l’exposition, « Noureev, dieu de la danse ».

« Il émane une grande émotion de ces portraits qui ont presque 40 ans ».

De « Giselle » à « Pierrot lunaire », en passant par « Le chant du compagnon errant », l’oeil de la photographe, Francette Levieux, capte le Noureev des années 80, lorsqu’il était directeur de la danse à l’Opéra de Paris.

Tout y est : ses expressions, son charisme, sa fougue, sa sensualité.

« Ça l’aurait touché qu’on n’insiste pas seulement sur le danseur, mais aussi sur l’homme qu’il était » explique Éric Quilleré, directeur de la danse de l’opéra de Bordeaux.

C’est dans une salle de style Second Empire, sous les dorures et les lustres en cristal, que sont exposés les clichés.

Rudolf Noureev est bien connu à Bordeaux.

Charles Jude, son danseur fétiche, y fut longtemps directeur de la danse.

Rudolf Noureev aimait jouer les princes tourmentés, comme le montrent certaines photos. 

Il s’aventure aussi vers la danse moderne.

Bob sur la tête, avec lunettes de soleil et cigare, dans le ballet, « La Vénus de Brighton ».

En short et gants de boxe dans « Black and Blue ». 

« À l’Opéra de Paris, il nous a appris l’exigence, qu’avoir du talent ne suffisait pas. Il fallait, avant tout, travailler. Dans les photos, ça transparaît » note Éric Quilleré.

Adepte de la prefection, Rudolf Noureev travaillait même ses saluts : geste, regard, tout est précisément étudié.

Dans cette exposition, cet être entier est souvent représenté seul.

« Ça en dit beaucoup sur la solitude de Noureev, qui était un être à part ».

Après Bordeaux, l’exposition devrait se transporter à Biarritz et Toulouse.

Moscou est également intéressé.

À l’Opéra de Paris, si lié à Rudolf Noureev, une autre exposition lui sera consacrée en décembre.

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