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13 septembre 2018

13 sept > SOCIÉTÉ : L’association rejette l’accord sur les migrants LGBT.

Classé dans : À savoir — fierementgay @ 10 h 09 min

1act up

Hier, à l’Office français de protection des réfugiés et apatrides, s’est tenue une réunion portant sur le thème de « la protection des personnes menacées en raison de leur orientation sexuelle ou identité de genre ».

Un certain nombre d’associations LGBT s’y est présenté sur invitation du directeur général de l’Ofpra, Pascal Brice.

« Act Up-Paris » a décidé de ne pas s’y rendre.

L’association LGBT a publié un communiqué pour expliquer sa décision.

En voici le contenu.

« Nous militons pour la liberté de circulation et d’installation pour tous, sans conditions.

Chargé d’examiner les demandes d’asile, l’Ofpra, sous tutelle du Ministère de l’intérieur, entrave ces libertés fondamentales.

Il est un instrument étatique de contrôle des migrations, qui trie, classe et déboute.

Pascal Brice affirme aujourd’hui se mobiliser pour la protection des personnes issues de minorités sexuelles ou de genre.

Les faits attestent pourtant d’une réalité toute autre, où les demandeurs d’asile sont jetés en pâture à la subjectivité des agents chargés de statuer sur la crédibilité de leur demande.

La malveillance et la présomption de mensonge qui planent systématiquement sur ces personnes sont intolérables.

L’analyse de la menace, que représente la vie dans les pays d’origine, se fonde quant à elle sur des informations à la fiabilité contestable.

ll est par ailleurs surprenant que l’État français se croit en capacité d’évaluer la protection des minorités sexuelles et de genre à l’étranger, alors qu’il ne l’assure pas sur son propre territoire.

En prenant la sexualité pour terrain d’enquête, l’Ofpra fait irruption dans l’intimité de personnes extrêmement vulnérables.

Cette violence paraîtrait à tous insupportable si elle ne visait pas précisément les demandeurs d’asile.

Les récits de vie exploitent une série de clichés éculés sur lesquels les candidats à l’asile sont contraints de se calquer.

Pour les agents de l’Ofpra, il paraît évident qu’un homosexuel étranger récemment arrivé à Paris fréquente assidûment les établissements LGBT du Marais, passant outre les barrières linguistiques, financières et sociales.

Le recours systématique à des modes de représentation ethno-centrés entre en totale contradiction avec l’objectif affiché de protection des personnes issues de minorités sexuelles ou de genre.

En sont exclus d’office tous ceux dont les pratiques ne correspondent pas à ces définitions étroites.

La conception de la sexualité, à laquelle se réfère l’Ofpra, est loin d’être universelle.

Elle soumet, en conséquence, les demandeurs d’asile à une assignation brutale et obscène.

Il serait, dès lors, trompeur d’envisager la prise en compte de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre comme une extension de la protection à d’avantage de candidats à l’asile.

Ces critères discriminants dessinent en creux le profil de celles et ceux que l’on ne devrait pas accueillir.

La démarche de l’Ofpra est inquisitrice, en plus d’être traumatisante et essentialiste.

L’invitation de Pascal Brice est d’autant plus indécente qu’elle nous a été transmise au lendemain de l’adoption par l’Assemblée nationale d’une loi meurtrière émanant du Ministère qui le contrôle.

L’emprise du Ministère de l’intérieur sur l’Ofpra rend caduque toute possibilité d’échange réel.

Cette réunion est un marché de dupes, puisque l’on invite les associations LGBT à rencontrer une institution qui n’a aucun pouvoir décisionnaire.

L’Ofpra compte sur le réseau des associations communautaires pour apparaître sous un jour meilleur.

Mais, saupoudrer de paillettes la cagoule du bourreau ne suffira jamais à nous le rendre sympathique.

L’État nous fait miroiter l’intégration à un système criminel et nous en accorde les miettes dans la mesure où nous pouvons lui être utiles, cédons à sa violence et consentons à y participer.

Nous refusons toute instrumentalisation et n’apportons pas notre caution au système d’asile entretenu par l’Ofpra.

Act Up-Paris exige :

L’abrogation de la loi dite «Asile et Immigration».

La démission du ministre de l’intérieur, personnellement responsable de nombreux drames et contaminations.

Le respect, par la France, de ses engagements internationaux.

L’abrogation du règlement Dublin.

La liberté d’installation et de circulation ».

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