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10 avril 2019

10 avril > ÉGLISE : « Foutage de gueule ! La compassion et la prière ne suffisent pas ».

Classé dans : Non classé — fierementgay @ 8 h 35 min

eglise

« C’est vrai qu’il y a du boulot ». 

Yves Baumgarten, vicaire général, gère le diocèse de Lyon, dans le Rhône, depuis la prise de recul du cardinal Barbarin.

Samedi, il a fait face, tant bien que mal, à un feu nourri de questions et de critiques lors d’un débat inédit.

Organisée dans la salle comble d’un cinéma du VIème arrondissement, cette discussion était précédée de la projection du film, « Grâce à Dieu », de François Ozon, qui était présent.

« On sent que l’Église catholique française s’empare du film » a déclaré le réalisateur, en préambule.

C’est le diocèse, lui-même, qui a souhaité sa présence, ainsi que celle d’un haut-responsable ecclésial.

Dès sa première intervention, Yves Baumgarten affiche sa contrition, apparemment sans mesurer à quel point le public, majoritairement catholique, a surtout soif de réponses.

« On n’a pas su faire, être à côté de ceux qui nous attendaient » admet-il au sujet des agressions pédophiles du prêtre lyonnais, Bernard Preynat.

Il explique que, pour lui, « la vision du film a été une expérience redoutable intérieurement ».

Selon lui, « l’enjeu, pour l’Église, est de mieux connaître le fait pour mieux réagir ».

François Devaux, co-fondateur de « La parole libérée », l’interrompt rapidement.

« Excusez-moi, mais on sait que Preynat est déviant depuis 50 ans. Le droit canon, républicain, l’évangile, la morale n’ont pas été respectés ».

Visiblement remonté, il aborde ensuite la question de l’indemnisation des victimes.

« J’y suis personnellement très favorable » répond Yves Baumgarten ».

« Mais, qu’est-ce qui vous en empêche maintenant ? » reprend François Devaux.

S’en suit un dialogue tendu.

- « C’est compliqué ».

- « Vous dites toujours ça ! »? 

- « C’est une décision qui doit être prise au niveau de la Conférence des évêques de France ». 

- »Quand ? »

- »Je ne peux pas vous le dire ». 

- « C’est un peu court ».

Le prélat tente une nouvelle réponse, quand François Devaux, excédé, l’interromp.

« On est dans le foutage de gueule ! La compassion et la prière ne vont pas suffire » lance-t’il sous une salve d’applaudissements.

C’est désormais au tour des spectateurs d’intervenir.

Majoritairement âgé, ce public semble sous le coup de la projection et des derniers développements de l’affaire Barbarin, qui empoisonne leur vie diocésaine depuis trois ans.

« J’ai été touché par le jugement, parce que je ne comprenais pas. Mais, je comprends encore moins qu’il fasse appel. Il doit assumer sa part de martyre pour en sortir par le haut » apostrophe un catholique pratiquant.

« C’est pour aller au bout de la justice. Barbarin pense que son jugement ne correspond pas à son analyse des faits, mais il a aussi assumé en donnant sa démission » tente de répondre Yves Baumgarten.

« Barbarin est trop orgueilleux et imbu de sa personne. Aujourd’hui, il devrait être parti » rétorque un spectateur.

Silence gêné du vicaire général.

Tour à tour, plusieurs intervenants catholiques l’interpellent.

Un père de famille demande « quelles actions concrètes sont prises pour ne plus faire passer l’Église comme victime ».

Un autre demande la « fin de l’omerta ».

Une femme presse l’Église de France de « réagir tout de suite ».

Anne-Marie, infirmière catholique confie son malaise lors d’une scène du film montrant une tentative de conciliation entre le père Preynat et une de ses victimes.

« Je ne comprends pas comment on peut demander à des victimes de pardonner ça » confie-t’elle.

« Et vous êtes catholique ? » l’interpelle un spectateur.

Le débat s’enflamme.

« Un mot ne suffit pas. Le pardon est un chemin qui doit être très long, sinon ce n’est pas vrai » tempère Yves Baumgarten. 

« Je pense que la prise de conscience est faite. Maintenant, il faut s’organiser et faire bouger les choses. C’est leur boulot » conclut François Ozon, après deux heures de débat.

De son côté, Yves Baumgarten ne veut pas s’exprimer davantage.

« Merci. Mais, ça va là. C’était déjà assez chaud, ce soir » confie-t’il, visiblement remué.

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