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16 septembre 2021

16|09 ~ MONACO ~ « Mais, monsieur, il y aura toujours des gens homophobes ».

Classé dans : 1- LGBT,SPORTS — fierementgay @ 9 h 29 min

monaco

Dans le cadre de son programme socio-éducatif, l’AS Monaco organise régulièrement des événements sur des sujets de société.

En cette rentrée 2021, c’est Ouissem Belgacem qui est venu s’adresser aux jeunes de l’Academy pour livrer son témoignage sur l’homophobie et sa lutte contre les discriminations.

Un après-midi de débat plein d’enseignements.

Avec son livre, « Adieu ma Honte », Ouissem Belgacem a décidé de briser le silence d’un sujet tabou dans le monde du sport en général et dans l’univers du football en particulier : l’homosexualité. 

La semaine dernière, en compagnie d’Élisabeth Moreno, ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité, il a rencontré les jeunes du centre de formation de l’AS Monaco.

En arrivant dans la salle de détente, les jeunes sportifs ne sont pas au courant du programme qui les attend.

Comme lors de chaque rentrée, les membres de la scolarité organisent un événement dans le cadre du projet socio-éducatif.

Alors lorsqu’ils se retrouvent face à Ouissem Belgacem, les regards sont surpris.

Ouissem Belgacem commence son propos par une mise en confiance.

« Avant de vous expliquer mon parcours, je voulais vous dire que, si je suis venu de Paris, c’est pour discuter avec vous. Je ne suis pas un prof, ni un dirigeant de l’AS Monaco. Donc, n’hésitez pas à vous exprimer. Votre avis m’intéresse ! ».

Pour Virginie Gollino, responsable de la scolarité au sein de l’Academy, Ouissem Belgacem est l’intervenant idéal.

« Cela fait plusieurs années que nous essayons de mettre en place une action contre l’homophobie, mais nous n’avions jamais trouvé de partenaires qui correspondaient à ce que nous voulions transmettre. Avec son passage en centre de formation, il a le profil parfait pour s’adresser à nos jeunes ».

Après une introduction sur son parcours de vie, l’ex-footballeur annonce qu’il est homosexuel.

La surprise se lit dans le regard de certains.

« Comment avez-vous annoncé la nouvelle à vos proches ? » interroge un des participants.

« Et la religion dans tout ça ? » lance un autre.

S’ensuit alors un moment d’échange intense autour de la question de l’homophobie dans notre société.

Après une heure de débat, les jeunes analysent ce moment.

« C’est la première fois que j’assiste à un événement sur l’homophobie. C’était très intéressant. Ça nous permet de réfléchir sur le sujet. Le fait que ce soit un ancien joueur de centre, ça m’a encore plus marqué. Au sein du groupe, il y avait pas mal de débat entre nous sur le sujet et je pense que son témoignage nous a appris beaucoup de choses » explique Mathis.

Au cours de l’échange, Ouissem Belgacem n’a aps hasité, lui aussi, à poser des questions.

« Est-ce que vous trouveriez normal que quelqu’un vienne vous discriminer pour quelque chose que vous n’avez pas choisi ? ».

Réaction.

« Mais, monsieur, dans la société, il y aura toujours des gens racistes et homophobes. Ça ne va jamais changer ».

Pour Marc-Olivier Taccard, à l’origine de la rencontre, ces échanges montrent que le contrat est rempli.

« Si j’ai initié le contact avec Ouissem, c’est justement pour chasser ce type de raisonnement là. Preuve à l’appui, un footballeur gay témoigne chez nous. C’est une première. Les choses changent. Elles évoluent et faire bouger les lignes est une première étape ». 

« On ne choisit pas sa sexualité. De la même manière que je n’ai pas choisi de naître arabe ou avec les yeux marrons. Il faut donc qu’on arrête d’exclure certaines personnes de la société, alors qu’elles ne pourront pas changer » conclut Ouissem Belgacem.

Un Ouissem Belgacem soulagé et satisfait.

Il reconnaît qu’il y avait un peu de strees en lui.

« J’avais pas mal d’appréhension dans la mesure où c’était ma première intervention dans un centre de formation. Franchement, je suis ravi. Les échanges ont été vifs, durs, encourageants et parfois même déstabilisants. Je les ai trouvé très réceptifs. Ils étaient dans l’engagement, dans la discussion. Ce que j’ai apprécié avant tout, c’est leur niveau d’honnêteté. Une des phrases que j’ai adoré et qui peut paraître paradoxale, c’est quand un joueur m’a dit : Je n’aime pas les gays, mais je ne sais pas pourquoi. Je me dis que s’il s’est senti à l’aise de dire ça devant les équipes encadrantes, c’est que nous avons réussi à créer un environnement, en moins d’une heure, dans lequel il a réussi à se sentir assez à l’aise pour me dire vraiment ce qu’il pensait. Si je suis venu ici, aujourd’hui, c’est avant tout pour ces jeunes qui vont représenter le futur du football en France ».

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