20 avril 2018

SOCIÉTÉ > Pour les homosexuels, être parents, ça n’a pas de limite ?

Classé dans : À savoir — fierementgay @ 12 h 46 min

Célibataires, couples homosexuels, couples infertiles….

1societe parents

Ils sont souvent prêts à contourner les lois pour devenir parents ou co-parents.

À quelques mois de la révision de la loi de Bioéthique, ces parcours sont souvent douloureux.

Des parcours faits de beaucoup de clandestinité jusqu’à la naissance.

Ce Bordelais de 35 ans veut un enfant.

« Voulant, depuis longtemps devenir papa, j’ai envie de trouver une femme pour partager notre parentalité ».

Domi a 48 ans.

« Je suis à la recherche d’une co-parentalité dans la région de Montluçon avec une femme ou un couple de femmes ».

Soraya a 24 ans.

« Je recherche une personne ayant les pieds sur terre comme moi, prête à fonder une famille, voilà voilà ».

Kevin a 35 ans.

« Je suis cadre infirmier et chanteur dans un orchestre. Je recherche activement une co-parentalité dans les environs pour réaliser mon rêve d’être enfin papa avec une garde alternée ».

Bb est une jeune femme de 26 ans.

« Je cherche un géniteur qui serait prêt à me laisser la garde exclusive de l’enfant. Je ne veux pas faire un bébé comme ça, je veux évidemment bien connaître le futur papa dans un premier temps ».

Ce sont des hommes et des femmes de tous les âges et de tous les coins de France.

Célibataires ou en couple.

Homosexuels ou hétérosexuels.

Point commun : ils veulent avoir un enfant coûte que coûte, quitte à bousculer les schémas traditionnels de la filiation.

À l’heure où la France s’est engagée dans un processus de révision de la loi de Bioéthique, leurs petites annonces traduisent le désir d’enfant viscéral d’une partie de la société.

Quitte à contourner les obstacles légaux.

On les trouve sur des sites en ligne, des groupes de parole sur Facebook…

Ces annonces clandestines se suivent et ne se ressemblent pas forcément.

Chacun et chacune fixe ses conditions.

Cet homme cherche « un couple lesbien pour avoir un enfant en garde alternée de préférence ».

Cette lesbienne veut être « maman. C’est mon souhait de le devenir à mon tour ».

Ce couple d’homosexuels est « à la recherche d’une mère pour notre bébé ».

Le nombre de bébés conçus dans ces conditions échappe évidemment à tous les radars.

« C’est un sujet encore tabou. Les gens préfèrent se fondre dans l’anonymat » explique Frédéric Bianco, responsable du site, « Co-parents.co ».

« Nous les mettons en contact mais, une fois qu’ils ont trouvé la bonne personne, ils disparaissent dans la nature ».

Il y a ceux et celles qui viennent chercher un parent du sexe opposé, prêt à assumer sa fonction officiellement.

Mais, beaucoup refusent toute co-parentalité.

« Ce sont des femmes qui cherchent, en réalité, un simple donneur de sperme ou des hommes en quête d’une donneuse d’ovocytes, voire d’une mère porteuse clandestine ».

Bien sûr, les demandes ne sont jamais rédigées ainsi, car elles sont complètement illégales.

En France, l’assistance médicale à la procréation est réservée aux couples hétéros et infertiles.

Et le don de sperme, très réglementé, doit passer par un organisme public.

Les petites annonces, c’est plus simple.

« Les demandes viennent d’abord de femmes homosexuelles, puis d’hétéros célibataires, et enfin de couples hétéros dont l’un des deux est stérile » explique Sarah Dumont, journaliste.

Elle a infiltré les réseaux sociaux pendant deux ans avant de publier « Super-géniteurs, enquête sur le don de sperme sauvage en France ».

« Faire un bébé seule, ou en couple homo, sans avoir de comptes à rendre à personne. Contourner la loi sur l’anonymat du don, pour celles qui veulent connaître l’identité du donneur et élever leur enfant avec lui/elle. Ou bien aller plus vite que les processus légaux d’adoption ou de PMA. C’est le but recherché ».

Comment s’y prendre concrètement ?

Concernant le sperme, les conseils circulent sur Internet, comparant les avantages et inconvénients des trois « méthodes » en vogue.

La méthode « artisanale pure », consiste à éjaculer dans un récipient et à introduire le sperme dans le vagin de la receveuse à l’aide d’une pipette.

La « semi-artisanale » est une pénétration au seul moment de l’éjaculation.

La « méthode naturelle » n’est un mystère pour personne.

Du côté de l’offre, les donneurs de sperme spontanés se bousculent au portillon !

Parfois leurs propositions mettent mal à l’aise, tant elles transpirent le « plan cul ».

« Jordan, beau gosse, bonne santé, prêt à vous inséminer à toute heure, méthode naturelle only, dans un rayon de 150 km, au plaisir mesdames ! » écrit un internaute.

La plupart négocie un tarif qui tournerait autour de 250 euros.

Que pensent les organismes officiels de ces pratiques ?

En 2014, le Défenseur des droits, Dominique Baudis, avait officiellement souhaité s’attaquer au sujet.

Depuis ?

Les annonces se font plus discrètes.

L’Agence de la biomédecine ne fait aucun commentaire, arguant de son « devoir de réserve sur la révision de la loi ».

Le Conseil National Consultatif d’Éthique se déclare incompétent.

Pourtant, derrière ces pratiques illégales, se profilent bon nombre des questions : ouverture de la PMA aux lesbiennes, levée de l’anonymat des donneurs, rémunération ou non des dons de gamètes, reconnaissance de l’autorité parentale d’un beau-parent.

Et puis, au-delà de l’illégalité, le risque n’est pas anodin.

Il est d’abord sanitaire, dans le cas d’un sperme contaminé, de mauvaise qualité ou porteur d’anomalies génétiques.

Nicolas Saget, porte-parole de l’APGL, « Association des Parents Gays et Lesbiens », où des groupes de parents homosexuels discutent fréquemment de ces petites annonces, évoque aussi le risque d’échec.

« Le don mécanique, c’est sympa. Mais techniquement, ce n’est pas toujours gagné. Et puis, il y a encore des risques de complications juridiques. Si, par exemple, le donneur anonyme change d’avis et va déclarer l’enfant, c’est la catastrophe. Il a légalement jusqu’aux 5 ans de l’enfant pour le faire ».

L’association déconseille ces pratiques clandestines, mais aussi les accords à l’amiable autour d’une co-parentalité, avec deux parents déclarés.

« Ce genre de projet génère trop de problèmes juridiques ou matériels, surtout en cas de séparation, ce sont des casse-tête terribles ».

Le sujet reste vaste et la loi sur la Bioéthique n’apportera sans doute pas solution miracle à des situations parfois scabreuses.

Voici quelques témoignages édifiants.

Laetitia et Ines, 42 et 36 ans, sont lesbiennes.

« Nous n’avions pas les moyens d’aller à l’étranger. Compte tenu de nos histoires familiales respectives, notre souhait était très simple : surtout pas de père ! Comme géniteur, on rêvait d’un étudiant sain, altruiste, désintéressé. Sur Internet, on croit d’abord que l’on a l’embarras du choix. Après des dizaines de discussions par mail privé, on a trouvé un type qui semblait bien. On est allées le voir à Bordeaux : un vrai connard. On a fini par repérer un étudiant à Lyon, 25 ans, très mignon, très à gauche. La première rencontre s’est super bien passée. Après deux mois de réflexion, on a fixé une date qui collait avec l’ovulation d’Inès. On avait prévu un petit bocal stérile, qui sert d’ordinaire aux analyses d’urine, et une pipette. Je suis restée avec ma compagne dans la chambre d’hôtel, le type s’est masturbé dans la salle de bains, nous a donné le flacon. On a fait le reste en se tenant dans nos bras, alors qu’il se rhabillait. Miracle, Inès est tombée enceinte directement ! Notre fille a maintenant 3 ans et va très bien. Nous n’avons jamais eu de nouvelles de cet étudiant. Lui non plus d’ailleurs, car nous lui avions donné un faux mail, un numéro de téléphone que nous avons changé ».

Paul a 46 ans. Il est homosexuel.

« Nous sommes gays, parisiens, et avons rencontré un couple de filles très sympas dans une réunion LGBT. On est devenus amis et avons décidé d’être co-parents. J’ai fait un bébé avec la plus jeune, par la méthode naturelle, ce qui nous semblait plus simple à tous. Elles ont emménagé dans le même immeuble, nous avions un compte joint pour Enzo et la garde alternée. Tout s’est bien passé lors des trois premières années. Jusqu’à leur séparation qui a été fracassante. Une des deux mères, celle qui n’avait pas porté Enzo, a disparu. L’autre a dû déménager pour des raisons financières et professionnelles, à deux heures de Paris. Enzo a 8 ans, il vit avec nous et voit sa mère lors des vacances. Ce n’est pas si simple pour lui. Mais, avec mon mari, son deuxième papa, nous sommes très soudés. Ça aide ! ».

Mathias et Yann, 45 et 48 ans, sont en couple.

« L’an dernier, nous avons passé des soirées entières sur les sites de petites annonces. Assez vite, nous avons trouvé une femme de 32 ans, en Picardie, prête à être mère porteuse. Nous sommes allés la rencontrer chez elle : mère isolée de deux enfants en bas âge, elle était au chômage et avait clairement besoin d’argent. Elle avait tout prévu du côté de l’acte et de sa prise en charge par la sécurité sociale. Elle avait une amie qui l’avait déjà fait et demandait 20 000 euros. Mal à l’aise à l’idée d’un arrangement clandestin, nous avons finalement décliné, préférant choisir une mère porteuse dans un pays où cette pratique est légale, quitte à faire un emprunt sur quinze ans ! Nous attendons une petite fille par mère porteuse en Ukraine, elle doit naître fin juin ».

Nicolas a 38 ans. Il est en couple avec un homme.

« Nous sommes gays. Notre petit garçon est né, il y a sept mois, aux États-Unis par mère porteuse, tout ce qu’il y a de plus officiel là-bas. Le moment où nous avons dû choisir la donneuse d’ovocytes sur vidéos, parmi plusieurs candidates, a été assez cocasse ! Quel genre de fille privilégier ? On ne s’était jamais posé cette question vertigineuse. C’est la même que pour le choix d’un donneur de sperme : quel capital génétique choisir ? On a écarté la super belle qui parlait super mal. On a écarté aussi celle très maniérée, dont la voix était vraiment trop criarde. On s’est dit qu’il fallait se tourner vers celle qui nous aurait attirés si nous n’étions pas gays. On s’est mis d’accord sur une jolie fille de 25 ans, qui le faisait pour toucher ses 10 000 dollars et monter un salon de coiffure. On l’a croisée ensuite par inadvertance dans la clinique, elle nous a donné son mail. Quand on lui a envoyé la photo du bébé, elle a dit : Il a mes yeux ! C’était un peu bizarre, mais vrai ».

CHANSON > « C’est un métier où l’apparence n’est pas négligeable ».

Classé dans : À savoir,Regarder... Lire... Écouter — fierementgay @ 12 h 15 min

« Je n’avais pas le caractère pour passer à travers toutes ces années, je me suis laissé porter par les évènements ».

1alain chamfort

Alain Chamfort, le plus élégant des chanteurs pop français, réussit un grand retour avec « Le désordre des choses ».

De quoi fêter dignement 50 ans de carrière.

À force de se faire discret, on finirait presque par l’oublier.

Mais heureusement, la force de sa musique audacieuse et stylée remet, à peu près tous les quatre ans, Alain Chamfort sous la lumière.

Ce 15ème album studio, qui paraît aujourd’hui, s’impose comme l’un de ses meilleurs, porté par des compositions pop-électro particulièrement inspirées sur lesquelles s’est posée la plume délicate de Pierre-Dominique Burgaud.

Ensemble, ils avaient réalisé, en 2010, l’album concept, « Une vie Saint Laurent ».

« Je prends mon temps pour faire des albums. Quand on veut trop produire, automatiquement on se répète ou alors on ne prend pas la peine de maturer les choses » explique Alain Chamfort.

Le temps qui passe est au centre de « Microsillons », le titre qui ouvre le disque sous une lumière crépusculaire.

La fin dès le début en somme.

« Quand on avance en âge, il y a un phénomène d’accélération, de précipitation. Si je repense aux 15, 20 dernières années, je me dis que c’est passé super vite. Mais, si je me projette, ça va être encore plus rapide. Donc, ces questionnements, qui ne sont pas non plus des angoisses, viennent plus régulièrement qu’avant. Les microsillons, ce sont aussi ceux des disques vinyles. Et donc, par extension, le chanteur, le musicien. La question de l’âge se pose aussi sur cette activité qui est plus associée à la jeunesse. C’est un métier où l’apparence n’est pas négligeable ».

Parlons-en de l’apparence.

Puisque le dandy s’amuse à jouer avec son image dans le clip, « Exister », où on voit des extraits de ses apparitions télévisées de la fin des années 60 à nos jours.

« Je ne ressens pas de nostalgie quand je me revois, parce que je n’étais pas vraiment à ma place. Surtout au début où j’étais trop dans la reproduction d’influences, notamment de Claude François. Je n’avais pas la nature pour ça, donc j’étais un peu mal à l’aise. Et puis, je n’ai jamais eu la sensation d’être bien dans mon corps. Il y a des gens bien sur leurs deux pieds, moi j’ai toujours été en recherche d’équilibre » confie Alain Chamfort.

De cette période, auprès de Claude françois, Alain Chamfort garde le souvenir « d’un type qui était acharné sur sa propre réussite, frappé d’une obsession un peu maladive. Ça n’a pas vraiment déteint sur moi, même si c’était fascinant à vivre ».

« La musique, c’est ma part à moi, je le sais bien. Mais le talent, par rapport au hasard, à l’intuition, quelle est sa part réelle ? C’est difficile d’y répondre. Et plus j’avance, moins je sais » conclut Alain Chamfort.

Voici le clip de « Exister ».

https://youtu.be/Exister

SOCIÉTÉ > Pas de « convergence » des syndicats pour le 1er mai.

Classé dans : À savoir — fierementgay @ 11 h 58 min

Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, a annoncé que son syndicat ne défilerait pas avec la CGT le mardi 1er mai.

LAURENT BERGER (CFDT), PORTRAITS

Il refuse ainsi l’événement unitaire proposé par son homologue de la CGT, Philippe Martinez.

Dimanche, ce dernier avait souhaité que « l’ensemble des organisations syndicales soient main dans la main à l’occasion du 1er mai ».

Il en avait fait directement la proposition aux autres leaders des cinq principaux syndicats.

« J’ai déjà répondu à Philippe Martinez, quand je l’ai rencontré en début de semaine » a décalré Laurent Berger.

« La CFDT sera avec la CFTC et l’Unsa, à Paris, pour parler de nos revendications. Nous aurons un rassemblement spécifique et nous ne le ferons pas avec la CGT ».

Hier, la CGT organisait une journée d’actions nationale interprofessionnelle, à laquelle la CFDT a également refusé de se joindre.

Les espoirs de « convergence des luttes », chère à Philippe Martinez, ont été douchés par une faible participation.

« Une convergence des luttes ne fonctionne pas. C’est plus une démarche politique, qui n’est pas la nôtre, qu’une démarche syndicale » a expliqué Laurent Berger.

« S’il y a, évidemment, des points communs entre les salariés dans ce pays, il y a aussi des combats spécifiques, selon les champs professionnels. Si je prends les Ehpad et les hôpitaux, nous demandons, par exemple, que les aides-soignants soient revalorisés de catégorie C à catégorie B. Et ce n’est pas en faisant une convergence des luttes qu’on y arrivera, ça c’est sûr ».

Dans la foulée, le syndicat, Force Ouvrière, a également annoncé qu’il ne s’associerait pas à la CGT le 1er mai.

FINISTÈRE > La toute première Gay Pride… sur l’eau !

Classé dans : À savoir — fierementgay @ 11 h 49 min

Le samedi 19 mai, dans la rade de Brest, la « Croisière des fiertés » clôturera en beauté et en arc-en-ciel la deuxième édition du festival, « Fais pas genre ».

1brest festival

Mené par les associations, « Divers Genres », « Association brestoise LGBTI+ » et « Tacle », association dédiée au spectacle vivant, le festival va, du 12 au 19 mai, traiter des questions de genres, d’identités sexuelles, d’égalité femmes-hommes et de tolérance.

Sont prévus : conférences, projections, débats, lectures et…

Cette toute première Gay Pride nautique, de 15 heures à 17 heures.

Cette « Croisière des Fiertés » regroupera des plaisanciers indépendants, le « Brestoâ », bateau de la compagnie maritime de la rade, et toute une flottille de pirates arborant tous et toutes des pavillons arc-en-ciel.

L’objectif : créer une véritable Gay Pride sur la mer !

Toute personne possédant une embarcation sera invitée à aller sur l’eau.

Il est également prévu de créer le lien entre les terriens intéressés et les marins souhaitant partager leur bâteau.

Ce même samedi, il y aura aussi un village associatif, qui rassemblera une vingtaine d’associations défendant les causes des communautés LGBT.

S’y glisseront des performances artistiques, ainsi que scénographies.

SOCIÉTÉ > « Lobby LGBT », une illusion ou une réalité ?

Classé dans : À savoir — fierementgay @ 11 h 42 min

Depuis les débats sur le mariage pour tous, l’expression, « Lobby LGBT », s’affiche partout sur les sites d’extrême droite.

1lobby gay

Un groupe homosexuel « nébuleux » aurait un poids énorme dans la politique et ferait passer son agenda avant les droits de la majorité.

Le 1er mars 2018, le Parlement européen vote un texte appelant les États membres à interdir les thérapies de conversion pour « soigner » les personnes LGBT.

Un texte sur lequel Nadine Morano s’est abstenue.

« Je ne suis pas sous le diktat de la pression des réseaux sociaux. Voilà pourquoi je me suis abstenue » explique-t’elle.

Avant de déraper.

« Ce n’est pas parce qu’il y a un lobby LGBT puissant sur les réseaux sociaux que ça me fait changer d’avis. Vous voyez ce que je veux dire ? Mais bien sûr qu’il y a un lobby LGBT. Tout le monde le sait. Vous allez nier ? Vous en faites partie ou pas ? » demande-t’elle au journaliste qui l’interroge sur le sujet.

« Parce qu’il y a des journalistes qui en font partie. Vous en faites partie ? ».

«  Vous voulez que je vous dévoile mon orientation sexuelle ? » demande alors le journaliste.

« À partir de ce moment de l’interview, Nadine Morano semble se calmer » indique David Perrotin, le journaliste.

Il explique que la députée européenne emploie ce ton mi-revendicatif, mi-outré, dont elle a le secret, pour affirmer « qu’au-delà de son propre métier, on a le droit d’avoir des convictions ».

La question d’un prétendu « lobby LGBT » revient comme un boomerang dans l’actualité.

Pour Clémence Allezard, à la tête de l’AJL, « Association des Journalistes LGBT », l’expression est « omniprésente sur les sites de désinformation ».

« Non, il n’y a pas de lobby LGBT. L’idée de lobby a une connotation péjorative, avec des groupes de pression qui menacent la démocratie. Cette expression est utilisée pour faire peur. En l’employant, on parle quand même de minorités discriminées qui s’organisent pour défendre leurs intérêts. On ne passe pas une semaine sans recenser des actes homophobes. Les associations LGBT n’ont pas d’intérêts privés, il n’y a pas d’argent en jeu. Quand on connait la situation financière des associations LGBT, c’est drôle. C’est en somme une expression anxiogène avec l’idée que, comme pour les lobbys de multinationales, le lobby LGBT menacerait la démocratie et la cohésion sociale en cédant à des égoïsmes individuels. Évidemment, les associations LGBT veulent faire pression sur des gouvernements, pas avec de l’argent, mais pour leurs droits ».

Clémence Allezard explique pourquoi il ne faut pas employer l’expression.

« S’il y a vraiment un lobby LGBT en France, il n’a pas beaucoup de poids. Il n’y a aucun relais politique. Seulement cinq députés sont ouvertement LGBT à l’Assemblée. Très peu de personnes LGBT apparaissent dans les médias ».

L’expression est pourtant très présente sur internet.

Il suffit de taper « Lobby LGBT » dans Google pour voir apparaître des centaines de titres.

Geoffroy Lejeune, directeur de la rédaction de « Valeurs actuelles », magazine très droitier, tente une explication.

« Le terme lobby LGBT regroupe toutes les associations militant pour les droits des personnes LGBT. Il y en a quelques-unes dont on reçoit les communiqués de presse, dont on voit les publications. C’est un terme pour désigner tout ça, c’est tout. C’est nébuleux. C’est pour ça que le terme est fourre-tout et assez pratique. Il n’y a pas de définition très précise ».

Il en existe pourtant une.

Du moins pour le mot « lobby ».

Dérivé de l’anglais, le terme désignait, à la base, le vestibule ou le couloir, en référence à ceux de la Chambre des communes au XIXème siècle, « dans lesquels les groupes influents pouvaient venir discuter avec des parlementaires pour tenter de les influencer ».

« Un lobby essaie d’influencer le pouvoir, afin qu’il agisse dans l’intérêt du groupe constitué pour le lobby. C’est de là que vient la connotation négative : entre agir dans son intérêt et agir contre l’intérêt général, il n’y a qu’un pas. Le lobby économique est alors souvent perçu comme égoïste, ne pensant qu’à lui-même. Les lobbys associatifs, comme les lobbys au sens étroit, défendent l’intérêt d’un groupe. Ils veulent agir dans l’intérêt général, ce qui n’est pas contradictoire, mais intuitivement un peu paradoxal » explique Pauline Hass, linguiste.

Geoffroy Lejeune semble totalement sincère quand il explique que son média utilise ce mot, « car il est explicite et reste un terme neutre ».

Il ne considère pas l’expression, « Lobby LGBT », comme péjorative.

Il affirme que le mot peut s’appliquer à d’autres groupes.

« Une association d’automobilistes en colère est un lobby, les retraités remontés contre la hausse de la CSG sont un lobby et la Manif pour tous est un lobby ».

« L’expression est pourtant chargée de sens » selon David Perrotin.

« Mais, les gens qui l’utilisent font mine de ne pas savoir à quoi elle renvoie ».

« Tout ça n’est qu’une question d’interprétation d’un terme qui ne mérite pas autant de débats » conclut Geoffroy Lejeune.

Les LGBT apprécieront et ne seront sans doute pas convaincus.

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