22 octobre 2021

22|10 ~ LIRE ~ « Laisser planer une ambiguïté sur son orientation sexuelle ».

Classé dans : 1- LGBT,CULTURE — fierementgay @ 11 h 51 min

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Dans « Choco-Boys », on découvre Lucky Luke en allié de la communauté LGBT.

Cet album, créé pour la collection, « Un hommage à Lucky Luke, d’après Morris », est signé Ralf König.

Celui-ci a toujours parlé d’homosexualité dans ses œuvres.

Là aussi, il a relevé le défi de l’exercice de style sans trahir l’esprit des aventures de « l’homme qui tire plus vite que son ombre ».

Dans cet album, le cow-boy rend service à un chocolatier suisse en emmenant des vaches reprendre des forces à Dandelion Valley.

Il part en mission avec un garçon vacher, qui lui confie être amoureux d’un autre homme.

Au fil des pages, le héros croise Calamity Jane, Buffalo Bitch et Sitting Butch.

Une intrigue arc-en-ciel que Ralf König aime évoquer.

Extraits.

« Lucky Luke, pour moi, c’est avant tout un divertissement. Enfant, je l’ai beaucoup apprécié. Je m’amusais à le recopier. Je le dessinais et le redessinais. C’est l’un des personnages de Morris qui, probablement, m’a le plus poussé à faire ce que je fais aujourd’hui. C’est une figure extrêmement marquante, un classique au même titre qu’Astérix ou Donald Duck. C’est un honneur pour moi, cinquante ans après, d’avoir l’occasion de le dessiner moi-même ».

« Cet hommage, on ne me l’a pas proposé directement. J’ai glissé par relation dans le projet. Mon conjoint travaille pour la maison d’édition, qui publie les aventures de Lucky Luke en Allemagne. Un de mes confrères allemands a fait un hommage au personnage, il y a peu de temps. Un matin, je soupirais de dépit de ne pas avoir eu l’occasion de le faire. Mon conjoint ne m’a rien dit, mais il a fait passer le message au bureau et cela a été accueilli très favorablement. C’est comme cela qu’ils sont revenus vers moi en me proposant de faire un hommage à ma manière. J’avais pas mal d’appréhension au début. Je ne suis pas familier de l’univers du western, les chevaux, les maisons de bois. Cela ne fait pas partie de mon répertoire. J’ai réfléchi à l’intrigue. J’ai eu l’idée d’introduire une histoire de chocolat au Far-West et je me suis mis à la table de dessin ».

« J’ai fait une vidéoconférence avec les détenteurs de la licence Lucky Luke pour leur présenter mon projet. Ils l’ont bien accueilli. Ils savaient qui j’étais. Ils connaissaient mon parcours et ma carrière en tant qu’auteur de bandes dessinées homosexuelles. Ils savaient qu’il y aurait un peu de sexe, que ça allait parler du milieu gay, que je serai un peu plus cru que le Lucky Luke classique. On m’a fixé deux limites : il ne devait pas fumer, ni être homosexuel. Sur le fait qu’il ne soit pas gay, je n’ai rien eu à redire. En revanche, cela m’a été plus dur d’accepter que Lucky Luke ne fume pas, parce que j’ai toujours trouvé cela très attirant ».

« Je représente Lucky Luke, torse nu, avec des tétons. Je me suis toujours demandé pourquoi les personnages des classiques, comme Astérix, n’avaient pas de tétons. Personne n’a jamais su me répondre. Pour les femmes, on peut comprendre que c’est un élément sexualisant, mais, chez les hommes, cela m’échappe. Je pense que cela dénote de la pudibonderie. Le fait de devenir à mon tour un dessinateur de Lucky Luke me permet de reproduire ce que je faisais enfant. Je prenais les albums de Lucky Luke, il manquait les tétons, alors je les ajoutais au feutre. Ça fait partie du personnage. Il est un homme, il a des tétons, c’est assez sexy. Donc, c’est important de le faire ».

« Quand j’ai un projet, je m’y mets sans avoir tout écrit à l’avance. On avait cet interdit de faire de Lucky Luke un personnage homosexuel. Cela permettait de laisser planer une ambiguïté assez délicieuse sur la nature exacte de son orientation sexuelle. Dans aucune de ses aventures on ne le voit avec une femme et, dans mon album qui parle d’homosexualité, on ne le voit pas non plus avec un homme. J’ai donc volontairement laissé planer le doute sur cet aspect. Dans mes autres ouvrages, tout est très clair et univoque. Pour entretenir cet univers de flou, j’ai aussi créé des nouveaux mots. J’en ai trouvé un pour l’insulte homophobe : en français, c’est salopette, contraction de sale lopette ».

« Sur le plan personnel, je connais très peu d’auteurs. Je connais des auteurs de BD par le biais des festivals ou des rencontres, mais j’ai peu à voir avec le milieu. L’homosexualité est au cœur de mes histoires et, avec cela, j’ai toujours été un peu isolé, à part. Dans les années 80, j’apportais un regard neuf sur ce thème qui était relativement tabou, sur une réalité considérée comme négative. Cela a eu un aspect libérateur. Même aujourd’hui, je pense que je suis toujours un peu dans mon coin. Je ne fais pas partie d’une famille ou d’un mouvement spécifique et cela ne me déplaît pas nécessairement. Ce statut me permet d’avoir une approche du sexe différente de mes collègues hétérosexuels, qui racontent des histoires hétérosexuelles. La sexualité, dans la BD hétéro, a toujours gardé cet aspect sulfureux. En tout cas, ce n’est pas sous cet aspect que je l’aborde dans mes œuvres ».

« Avec ce Lucky Luke, je n’ai jamais souhaité être provocant. Cela m’est complètement égal que des gens soient choqués par le fait de voir deux cow-boys homosexuels. Je n’ai jamais été un militant de la cause LGBT. Je n’ai rien contre le fait qu’il puisse y avoir un effet collatéral positif avec une approche un peu émancipatrice. Mais je n’ai jamais eu, dans mes livres, l’ambition d’avoir un écho moralisateur. Je pense que mes histoires plaisent, parce que je fais ce que j’ai envie de faire, ce que j’aime et ça se voit. En l’occurrence, je suis homosexuel, mes personnages sont homosexuels, c’est juste comme ça. Je pense que le public perçoit le plaisir que je prends à imaginer et dessiner les histoires. Il n’y a aucun militantisme sur ce terrain-là ».

22|10 ~ LIRE ~ « Repenser ses choix de vie. Avoir des relations sans cohabiter ».

Classé dans : CULTURE,REGARDER ~ LIRE ~ ÉCOUTER — fierementgay @ 9 h 01 min

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Des rencontres plus difficiles pour les célibataires, une promiscuité dangereuse pour les couples.

La crise sanitaire a bouleversé la vie sentimentale des Français. 

Dans « Ce qu’embrasser veut dire » qui vient de sortir en librairie, Jean-Claude Kaufmann, sociologue, décrit la solitude émotionnelle et physique que beaucoup de Français ont vécue au plus fort de la crise du coronavirus.

Il évoque aussi les nouvelles aspirations sentimentales de nos contemporains dans cette période de retour à une vie plus normale.

Pour « 20 minutes », il a évoqué ce qui a changé dans nos relations amoureuses.

Extraits.

« Cette crise a révélé des attentes de baisers et de caresses très différentes selon les personnes. Pour une minorité d’entre eux, cela n’a pas été une grande souffrance, car ils n’avaient pas des besoins affectifs très grands. Mais, pour la majorité d’entre nous, le manque de contact physique a été ressenti très durement et rendait la vie très difficile à vivre ».

« Parallèlement à l’explosion du télétravail, le téléamour s’est beaucoup développé. Avec certains effets positifs, car les échanges en ligne sont beaucoup plus libres. On se lâche davantage derrière un écran ou au téléphone et des jeux érotiques à distance peuvent donner du plaisir. Mais, au bout d’un moment, ceux qui l’ont beaucoup pratiqué sont arrivés à saturation. Ils ont éprouvé un écœurement face au virtuel et ont requis la présence de l’autre, le toucher ».

« La pratique de la masturbation a progressé chez les femmes pendant cette période. La crise du Covid-19 a été un accélérateur de tendances. La diminution des possibilités de rencontres et de relations sexuelles a conduit des femmes, qui se masturbaient peu ou pas, à le faire davantage. Et même si, depuis la levée des restrictions sanitaires, certaines d’entre elles ont pu reprendre des relations sexuelles avec un partenaire, la masturbation est restée pour elles une pratique sexuelle d’appoint. Notamment, pour compenser ce qu’il y a d’insatisfaisant dans la sexualité partagée ».

« Certains célibataires ont du mal à retourner au contact des autres. Certains réfléchissent aux risques sanitaires que présentent les rencontres et ont tendance à les limiter. Par ailleurs, ils ont perdu l’habitude d’aller vers l’autre, ont vécu au ralenti. Ce qu’ils ont trouvé reposant. S’abandonner devant quelqu’un représente désormais un risque trop énorme pour eux. Ils préfèrent rester dans leur cocon rassurant, plus confortable psychologiquement, même si la vie est plus terne ».

« On se demandait si, cet été, des fêtes effrénées auraient lieu, avec de multiples aventures à la clé. Force est de constater qu’il n’y a pas eu de frénésie sexuelle post-couvre-feu. Certes, beaucoup de Français ont éprouvé un désir de rattrapage concernant leur vie sexuelle, mais la peur du Covid-19 les a empêchés de se lâcher totalement ».

« Avec le télétravail et le fait de passer plus de temps chez soi, la vie sexuelle aurait pu être plus intense et certains prédisaient même un baby-boom, un an après le premier confinement. Il n’en a rien été, car certains couples se sont laissés aller. On se lavait moins, on restait en pyjama, on suscitait moins le désir. On s’est laissé couler pour un temps, d’où une baisse de la libido. Le retour à la normale est progressif. La crise sanitaire a été un crash-test pour les couples, qui allaient déjà mal avant. Le fait d’être 24h/24 ensemble, de télétravailler tout en faisant l’école à la maison. Le cocktail était explosif. Pour les autres, les confinements et les périodes de couvre-feu ont révélé les failles dans le fonctionnement ».

« Les séparations se multiplient-elles depuis la fin des restrictions sanitaires ? C’est difficile à mesurer pour l’instant. Si des séparations ont eu lieu dès la levée des premières restrictions sanitaires au printemps, d’autres mettront plus de temps à se réaliser. Car, même si les failles dans le couple sont apparues clairement au plus fort de la crise sanitaire, prendre la décision de quitter l’autre est un processus lent. Il faut d’abord s’imaginer un départ possible et trouver le courage de quitter l’autre ».

« Certains couples affectés parviennent à retrouver une nouvelle jeunesse en considérant que ce qui dysfonctionne dans leur couple n’est pas toujours de la responsabilité de l’autre. Pour rectifier le tir, il faut commencer par un travail d’introspection et se remettre en cause. Certains y parviennent seuls. D’autres passent par une thérapie de couple. Certains couples ont su faire le dos rond, quand les tensions familiales surgissaient. Ils sont arrivés à se soutenir mutuellement, à ne pas trop se critiquer. Le simple fait de traverser la crise, sans qu’il y ait trop de heurts, leur a permis de sortir renforcés de cette période ».

« La crise sanitaire a été l’occasion de repenser ses choix de vie. Certains couples évoquent différents scénarios : un déménagement à la campagne, la mise au premier plan de la vie familiale avant la vie professionnelle, un nouvel enfant. Entre ces rêves et le passage à l’acte, il peut y avoir un écart. Ce que je constate, c’est que beaucoup de Français rêvent d’un nouveau romantisme, de moments qui font décoller face à une réalité trop dure, d’une montée en gamme dans la douceur et le sentiment ».

« Avoir des relations sentimentales sans cohabiter avec l’autre est une tendance qui va s’accentuer. Tout en restant minoritaire. La grande équation du couple est que l’on veut rester soi-même tout en vivant à deux. D’ailleurs, les moments personnels que l’on s’accorde au sein du couple ne cessent de croître : 60% des Français prennent leur petit-déjeuner seul, les écrans se regardent désormais en solo, le fait de dormir dans une chambre séparée n’est plus tabou. Le couple n’est pas mort pour autant. Il demeure un rêve, un cocon protecteur. L’envie de parvenir à construire un monde d’amour dépasse les forces de l’individualisation ».

21 octobre 2021

21|10 ~ CINÉMA ~ « Montrer la façon dont est née l’information spectacle ».

Classé dans : CULTURE — fierementgay @ 8 h 10 min

cinéma

Une galerie de portraits fascinante.

« Illusions perdues », de Xavier Giannoli, rend Honoré de Balzac aussi haletant qu’un bon suspense.

Le réalisateur accompagne un jeune arriviste venu de province dans le milieu du journalisme au XIXème siècle.

L’époque où la presse va devenir commerciale.

« Je n’ai pas de comptes à régler avec la presse. Mon récit évoque la façon dont la société a fini par s’agenouiller devant l’obsession du profit. C’est ce que montrait Balzac aussi avec autant de drôlerie que de sévérité » explique Xavier Giannoli.

Sa mise en scène virtuose emporte le spectateur sur les traces d’un arriviste brillant, interprêté par Benjamin Voisin.

Outre le jeune acteur, Xavier Giannoli s’est entouré d’une distribution magistrale pour faire découvrir les joies et les dangers de la vie parisienne à son héros.

Cécile de France en aristocrate de province, Jeanne Balibar en marquise manipulatrice, Vincent Lacoste en journaliste sans scrupule, Xavier Dolan en écrivain génial et Gérard Depardieu en éditeur, sont tous épatants.

Salomé Dewaels apporte fraîcheur et sincérité dans le rôle d’une actrice populaire rêvant de jouer les grands textes classiques.

« J’ai voulu embarquer le public dans un tourbillon et montrer, sans regard moral, ni punitif, la façon dont est née l’information spectacle » souligne le réalisateur.

Il faut dire que les journalistes du film rackettent les directeurs de théâtre, afin de leur vendre des articles favorisant leurs pièces ou des articles assassins pour leur concurrence.

La politique n’est pas épargnée dans ce monde où l’argent est roi.

L’amour du profit prend le dessus, au point que les personnages ne vivent plus que pour lui.

« Illusions perdues » passionne dès ses premières images.

Non seulement parce que le film donne une belle leçon d’Histoire, mais parce que les protagonistes de l’époque demeurent profondément actuels.

« Cela ne m’intéressait pas de pointer les gens du doigt. Tous ont des raisons pour se conduire comme ils le font » défend Xavier Giannoli.

« La Comédie humaine », telle que la décrivait Honoré de Balzac, est toujours aussi forte et ironique.

Xavier Giannoli la restitue de façon si moderne qu’on oublie qu’il adapte un classique de la littérature.

18 octobre 2021

18|10 ~ HOLLYWOOD ~ Quand le cinéma avance sur la voie des héros LGBT…

Classé dans : 1- LGBT,CULTURE — fierementgay @ 11 h 39 min

hollywood

Robin aime les femmes et les hommes.

Le fils de Superman aime les hommes et les femmes.

Et alors ?

« Marvel » prévoit même de montrer « sa » première famille homoparentale dans le prochain « Eternals ».

Ces différentes révélations dans le monde merveilleux des super-héros font régulièrement la Une des magazines.

Chaque fois, elles provoquent toujours plus de débats.

Il faut dire que les deux temples du genre que sont « Marvel » et « DC Comics » ont toujours été particulièrement ambivalents sur la question.

Oui, il y a des personnages bisexuels ou homosexuels, depuis un petit moment, dans tel film ou telle série.

Mais, force est de constater que, jusqu’à présent, les héros les plus importants sont des hétérosexuels pur souche.

Avec l’annonce de la bisexualité du fils de « Superman », « DC Comics » fait enfin évoluer son univers de façon radicale et franche.

Un changement après l’éternelle romance entre Clark Kent et Lois Lane.

Une relation hétérosexuelle on ne peut plus légendaire dans le monde des comics.

Les fans inconditionnels peuvent être rassurés : « Superman » est toujours hétérosexuel !

Les comics ont pour habitude de créer des suites, des mondes parallèles, des reboots, etc…

C’est là toute la force de ces univers.

Alors, pourquoi pas un nouveau super-héros bisexuel ?

Le fils de Clark Kent et Lois Lane tombe donc amoureux de Jay Nakamura.

« DC Comics » s’engage donc sur la voie de conquête d’un nouveau public qui brille par sa diversité.

Il faut dire que les géants du cinéma américain commcent à comprendre qu’il n’y pas que l’américain, hétérosexuel, viril, blanc, sur terre.

Les temps changent.

« Marvel » et « DC Comics » ne veulent pas rester à la traîne.

Ils ont compris que la diversité était un incroyable moteur de croissance et non pas le frein que certains redoutaient.

Sur la question de l’orientation sexuelle, l’évolution est plutôt timide, mais bien présente.

Les thématiques étaient là sans être vraiment visibles par tous.

Robin est bisexuel ?

La surprise était loin d’être immense.

« Marvel » est une entreprise LGBT-friendly ?

Il suffit de regarder l’intrigue de tous les « X-Men » pour voir que ce récit sur des mutants rejetés pour leurs différences est une vaste métaphore.

« Northstar » est d’ailleurs ouvertement homosexuel depuis 1992 !

Sauf que…

Si, sur du papier, les héroïnes féministes, les musulmans, les noirs, les homosexuels, les bisexuels, sont présents depuis des années, sur un écran, c’est autre chose.

Au cinéma, les super-héros ont bien du mal à faire leur coming-out.

« Marvel » veut donc changer les choses avec « Eternals ».

Le personnage de Phastos offrira un premier baiser entre deux hommes.

Sans nul doute, la scène ne manquera pas de faire parler outre-Atlantique.

D’autant plus qu’elle concerne deux personnages non-blancs, qui forment une famille et élèvent un enfant.

Le problème est que ces scènes pourraient aisément être coupées au montage dans certains pays, qui criminalisent ou réprouvent l’homosexualité.

N’oublions pas que l’argent passe encore avant les progrès sociétaux à Hollywood.

15 octobre 2021

15|10 ~ CINÉMA ~ Quand les Français lorgnent vers Hollywood…

Classé dans : CULTURE — fierementgay @ 12 h 00 min

cinéma

Il fut un temps où le cinéma français se mettait à rêver de superproductions spectaculaires capables de rivaliser avec Hollywood.

Ces dernières années, le rêve n’était toujours pas devenu réalité.

Les choses pourraient changer dans les mois à venir.

Les grandes fresques romanesques préparent leur « come-back ».

Il y a d’abord « Kaamelott », film d’Alexandre Astier qui a séduit plus de 2,5 millions de spectateurs. 

Puis, il y a eu « OSS 117 : Alerte Rouge en Afrique Noire », dont l’ambition était d’égaler les fresques des années 80 de Steven Spielberg.

Cet automne, deux grands films « épiques et d’époque » sortent sur les écrans.

« Eiffel » de Martin Bourboulon (à gauche), biopic de l’ingénieur à l’origine de la célèbre tour.

« Illusions Perdues » de Xavier Giannoli, d’après le chef-d’œuvre de Honoré de Balzac.

Deux films spectaculaires censés attirer un large public.

Et le cinéma français ne compte pas s’arrêter là.

Sont également prévus, « Notre-Dame brûle » de Jean-Jacques Annaud, « Astérix et Obélix : L’Empire du Milieu » de Guillaume Canet, « Les Trois Mousquetaires » de Martin Bourboulon.

Trois productions exceptionnelles, dont les budgets oscillent entre 30 et 75 millions d’euros.

C’est en pleine pandémie, alors que l’accès aux salles est conditionné par le pass sanitaire et la fréquentation en berne, que ces superproductions sont imaginées ou sortent.

« Il faut une certaine radicalité dans l’ambition » insiste Dimitri Rassam (à droite), producteur des « Trois mousquetaires » en deux parties.

« La décision, assumée par Pathé avec courage, a été non seulement de faire deux films, mais surtout de tourner les deux d’un coup ».

Si cette volonté de changement date d’avant le Covid, la pandémie a justifié une telle ambition.

Chez « Pathé », qui produit et distribue « Eiffel », « Notre-Dame brûle » et « Astérix », le mot d’ordre est simple : faire de la sortie de ces films des évènements, pour faire revenir le plus grand nombre de spectateurs dans les salles.

« On est dans un monde où la consommation des images est en telle mutation, avec l’arrivée des plateformes, que paradoxalement le cinéma est encore un endroit d’avenir. Capitaliser sur la salle, c’est proposer des films que les spectateurs préfèrent découvrir sur grand écran plutôt que sur un iPhone » explique Martin Bourboulon.

Animé par l’envie de  »renouer avec ce qui avait nourri mon envie de cinéma », Dimitri Rassam a pris l’année 2019 pour « réfléchir à des titres qui pourraient justifier de mobiliser des énormes moyens et de créer l’événement ».

Ensuite, il a « sondé quelques territoires européens majeurs pour consolider mon dossier ».

« J’ai senti qu’il y avait une envie pour ce type de grand spectacle ».

L’envie est là.

Mais, l’originalité ?

Comment justifier une énième version de l’oeuvre d’Alexandre Dumas ?

Dimitri Rassam et Martin Bourboulon en sont persuadés.

Selon eux, « Les trois mousquetaires » n’a jamais été adapté fidèlement et leur version fera date.

« Souvent ces adaptations ont été faites de façon parodique, parce qu’il n’y avait pas les moyens nécessaires de les faire autrement. Là, il se trouve qu’on a le talent et les moyens. À bien des égards, ce qu’on essaie de faire ressemble à ce que Christopher Nolan a pu faire pour Batman. Avant Nolan, on avait l’impression que Batman avait été fait cinquante fois. C’est une question de point de vue, de sincérité » explique Dimitri Rassam.

Avec « Les Trois Mousquetaires », il espère conquérir le marché étranger en s’appuyant sur synergie strictement nationale.

« Il ne s’agit pas d’aller se battre sur le terrain des Marvel, mais de cultiver quelque chose de typiquement français ».

Cette « ambition débridée » a permis de réunir un casting éclatant : François Civil (D’Artagnan), Vincent Cassel (Athos), Pio Marmaï (Porthos), Romain Duris (Aramis), Louis Garrel (Louis XIII), Eva Green (Milady de Winter), Jacob Fortune-LLoyd (Buckingham) et Lyna Khoudri (Constance Bonacieux).

Doté d’un budget de soixante-dix millions d’euros, les deux parties du film sont tournées en décors réels en France.

En outre, « Les Trois mousquetaires » bénéficiera d’une sortie mondiale début 2023.

Vouloir réaliser des superproductions est une chose.

Y parvenir est une autre affaire !

Dans ce genre de projet, la question fondamentale est celle de la crédibilité historique.

Dimitri Rassam n’est pas inquiet.

« Je ne me serais pas autorisé à rêver aux Mousquetaires, si je n’avais pas la conviction que Martin Bourboulon pouvait les réaliser ».

« La pression d’un film n’est pas liée à son budget. Un réalisateur, quel que soit le budget, a la pression de vouloir réussir son film et surtout la pression de faire le film qu’il a en tête. Il faut tout faire pour que les gens croient au film qu’on est en train de faire » ajoute Martin Bourboulon.

Après quelques semaines de tournage, le duo est déjà aux anges.

La magie opère.

Le même souci de vérité a animé Martin Bourboulon sur « Eiffel ».

« Comme c’est le premier film qui parle de la construction de la tour Eiffel, avec des images qu’on n’aura pas vues ailleurs, on l’a conçu pour que le spectacle soit le plus présent possible ».

En ce qui concerne Xavier Giannoli, son « Illusions perdues » a été conçu comme un voyage immersif dans le passé.

« Un spectacle de cinéma doit donner au spectateur l’impression d’habiter cette époque ».

Loin de signer une adaptation scolaire de l’œuvre de Balzac, le réalisateur a choisi de « réorchestrer » le roman en fresque virtuose.

« On a fait un énorme travail sur les choix des costumes et des décors, puisqu’on voulait donner au film une cohérence comme quand on regarde un tableau ».

Le plus difficile pour le réalisateur a été de recréer l’époque de la manière la plus ample et la plus spectaculaire possible.

Si le succès est au rendez-vous pour ces superproductions, nul doute que les Français ne vont pas s’arrêter là.

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