21 octobre 2021

21|10 ~ ÉGLISE ~ « Chaque jour, 450 nouveaux mineurs sont agressés ».

Classé dans : ÉGLISE — fierementgay @ 8 h 53 min

eglise

Hier, Jean-Marc Sauvé a été auditionné par la Commission des lois de l’Assemblée nationale.

Soit deux semaines après la remise de son rapport, qui a révélé un nombre important d’abus sexuels sur mineurs au sein de l’Église catholique.

Jean-Marc Sauvé a affirmé que « les pouvoirs publics ne peuvent pas rester sans rien faire ».

Il a rappelé l’existence de la Commission inceste, mise en place en début d’année et qui recueille des témoignages depuis septembre.

En outre, comme pour les féminicides, Jean-Marc Sauvé a souligné « qu’il faut avoir la même exigence sur les violences sexuelles sur enfants. Nous n’appelons de nos vœux aucune modification de la législation ».

Il a rappelé la position de sa Commission de ne pas toucher au délai actuel de prescription.

Par ailleurs, il a annoncé que lui et les membres de cette commission rencontront le Pape en décembre prochain.

« Les chiffres que nous avons trouvés sont tout sauf rassurants » a-t-il déclaré.

Le rapport estime à 330 000 le nombre de victimes.

Il a aussi estimé que 5,5 millions de personnes de plus de 18 ans ont été sexuellement agressées pendant leur minorité dans toute la population française.

« Chaque jour, 450 nouveaux mineurs sont agressés dans notre société » a insisté Jean-Marc Sauvé en évoquant « un désastre social et sanitaire ».

Il a également réaffirmé l’obligation, selon lui, de dénoncer les agressions, y compris « dans le cadre de la confession ».

Sur le délit de non-dénonciation, Yaël Braun-Pivet, présidente de la Commission des lois, a laissé ouverte l’hypothèse que le législateur s’empare du sujet.

« Je ne crois pas que ça soit si clair dans l’opinion publique ou dans l’opinion de certains. On préférerait regarder si, effectivement, il y a des besoins pour le législateur de clarifier les choses pour qu’il n’y ait aucune ambiguïté ».

Enfin, Jean-Marc Sauvé a été interrogé sur le financement, par l’Église, du dispositif permettant de verser une forme de réparation financière aux victimes.

« Les situations financières et patrimoniales des diocèses en France sont radicalement différentes, selon qu’on est à Paris, Lyon, Lille. Il en va de même pour les congrégations. Il faut qu’il y ait une solidarité interne à l’Église catholique pour cette affaire qui va coûter de l’argent. Il s’agit de mettre en œuvre une mutualisation, une solidarité au travers d’un ou de deux fonds de dotation. Celui des diocèses d’une part et celui des congrégations de l’autre » a-t-il expliqué.

Jean-Marc Sauvé sera auditionné par la Commission des lois du Sénat le 28 octobre prochain.

14 octobre 2021

14|10 ~ ÉGLISE ~ Les modalités d’indemnisation divisent les catholiques…

Classé dans : ÉGLISE — fierementgay @ 12 h 31 min

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Ce devrait être une quête historique.

Elle n’a pas encore commencé qu’elle divise déjà les fidèles de l’Église catholique.

Après la parution du rapport sur les abus sexuels au sein de l’Église, l’épiscopat, en pleine tourmente, assure n’avoir d’autre choix que de faire appel à ses fidèles pour établir des compensations financières.

« Il y a besoin d’une reconnaissance de responsabilité de l’institution » avait déclaré Jean-Marc Sauvé, président de la commission indépendante qui demande « réparation pour les victimes ».

Aussitôt, la Conférence des Évêques de France décide de se tourner vers les fidèles.

Une sollicitation, contraire à l’avis de la commission, qui scinde déjà les catholiques en deux camps.

« Il y a une ligne de fracture sur le caractère ou non collectif de la responsabilité invoquée par la CEF » explique Yann Raison du Cleuziou, sociologue des religions.

« Une partie de l’opinion catholique est prête à faire bloc avec les évêques, le rapport activant à ses yeux, une forme de front, de rapport de force avec la société. L’autre refuse de partager la responsabilité d’actes dont elle est, indirectement ou non, la victime ».

Perçue comme une dilution de la responsabilité de l’institution par nombre de fidèles, la démarche est également critiquée par certains hommes d’Église.

« Je comprends que la demande des évêques ne passe pas » confie un prêtre soucieux de garder l’anonymat.

« Si je suis le premier à dire que l’Église est un corps dans lequel nous sommes tous solidaires, c’est sa hiérarchie qui a couvert ces crimes, pas sa base qui est aujourd’hui exaspérée et ressent un profond désarroi et même du dégoût pour ces faits. C’est à l’Église de payer pour réparation ».

À l’opposé, la Conférence des Évêques de France ne cesse de justifier cet appel.

« L’institution ne vit que des dons depuis 120 ans. Faire payer l’Église revient à faire payer les fidèles et à employer le denier du culte pour autre chose que sa mission, sans demander leur avis à ces derniers » tente de justifier Ambroise Laurent, secrétaire général adjoint de la CEF.

Il assure que, « parce qu’il existe des réticences chez les fidèles, seuls ceux qui le veulent contribueront à ce fonds ».

Un fonds de dotation de cinq millions d’euros est actuellement mis en place par l’Église.

« Il honorera les engagements de l’Église. Nous réunirons les moyens nécessaires. Nous ne savons pas à quel montant s’élèveront les réparations, mais nous y arriverons ! » assure la CEF.

Et d’ajouter que « l’indemnisation sera personnalisée. C’est-à-dire établie en fonction du préjudice de chaque victime, à commencer par celles dont les faits sont prescrits ».

De leur côté, les fidèles émettent d’autres pistes.

Parmi lesquelles, la vente de patrimoine immobilier, hors propriétés de l’État, et dont on ignore le capital.

D’autres évoquent une participation par diocèse.

« Parce qu’il est probable que les diocèses qui ont le plus de fidèles soient aussi ceux qui ont le plus de budget et comptent le plus de cas » explique Erwan Le Morhedec, essayiste.

« L’équation compte encore beaucoup d’inconnues » insiste Ambroise Laurent.

« On ignore encore combien de victimes poursuivront l’Église en justice et à quel montant s’élèvera l’indemnisation qui leur reviendra ».

Pourtant, la question de la réparation financière agite déjà l’ensemble de l’institution.

« Même si, malheureusement, nous ne réparerons jamais de tels crimes » conclut un prêtre.

11 octobre 2021

11|10 ~ ÉGLISE ~ Un appel à la démission collective…

Classé dans : ÉGLISE — fierementgay @ 9 h 38 min

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Publié la semaine dernière, le rapport de la Commission Sauvé estime à 216 000 le nombre de personnes victimes d’un prêtre ou d’un religieux, en France, depuis les années 50.

« Bien plus que des défaillances, le rapport de la Ciase met en lumière une véritable faillite » dénoncent François Devaux, fondateur de l’association de victimes, « La parole libérée », Anne Soupa, théologienne, et Christine Pedotti, directrice de la rédaction de « Témoignage chrétien ».

Les trois réclament la « démission collective des 120 évêques catholiques de France ».

Selon eux, « n’importe quelle organisation, association, entreprise, en tireraient les conséquences qui s’imposent : se défaire de ses dirigeants. Nous demandons, comme un signe d’espoir et de renouveau, la démission collective de l’ensemble des évêques en exercice. Face à la faillite, la démission des évêques est la seule issue honorable. La démission est le seul geste à la mesure de la catastrophe et de la perte de confiance, dans laquelle nous sommes. C’est un premier acte de repentir concret, coûteux, à l’égard des victimes. C’est la seule attitude qui peut permettre de restaurer la maison Église ».

Et les trois signataires de poursuivre.

« De plus, c’est la seule façon de rendre possible l’indemnisation des victimes, car la faillite de l’institution est aussi matérielle. Les fidèles ne veulent pas contribuer pour des fautes qu’ils n’ont pas commises. Mais, dans une Église restaurée, dans laquelle tous et toutes seront représentés, cette solidarité et cette fraternité nouvelles permettront de trouver les ressources financières nécessaires ».

François Devaux, Anne Soupa et Christine Pedotti font valoir que, « dans l’Église catholique, des précédents existent. Les évêques du Chili ont remis leur démission collective au pape François, après qu’une gigantesque affaire de pédocriminalité a été dévoilée. En Allemagne, le cardinal Marx, archevêque de Munich, a lui aussi présenté sa démission au pape au nom de la responsabilité, qu’il considérait porter au regard des abus sexuels, bien que lui-même n’ait pas failli. Sans doute, tous les évêques français n’ont-ils pas couvert des crimes. Mais, la structure même de la hiérarchie catholique suppose une continuité et une solidarité entre chaque évêque et son prédécesseur. À ce titre, si tous ne sont pas coupables, tous sont responsables ».

8 octobre 2021

08|10 ~ ÉGLISE ~ La confession doit-elle taire les agressions sexuelles ?

Classé dans : ÉGLISE — fierementgay @ 8 h 44 min

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Après plus de 24 heures de polémique, Gérald Darmanin est finalement sorti du silence.

Suite aux propos du président de la Conférence des Évêques de France, le ministre de l’Intérieur a estimé que « toute personne, ayant connaissance d’un crime sur un enfant, doit être déliée du secret ».

Mercredi, Éric de Moulins-Beaufort, également archevêque de Reims, avait déclaré que « le secret de la confession est plus fort que les lois de la République ».

Réaction au rapport Sauvé sur la pédocriminalité au sein de l’Église de France.

« Il y a un secret professionnel qui existe pour les avocats, pour les médecins et il y a le secret de la confession, qui a été d’ailleurs en partie reconnu par notre droit depuis très longtemps » a déclaré Gérald Darmanin.

« Mais, s’agissant des crimes qui touchent les enfants, et afin d’éviter la récidive, il m’apparaît normal de pouvoir délier du secret les personnes qui signalent, aux services de justice ou de police, des enfants qui sont maltraités, violentés. Que l’on soit religieux ou non, on ne peut pas laisser des dizaines de milliers d’enfants rester dans le secret et ne pas pouvoir partager cette information, qui n’est pas comparable à toute autre confession. On doit être délié, c’est la loi qui le dit d’ailleurs, du secret ».

Le rapport Sauvé préconise de relayer un message clair auprès des confesseurs et fidèles sur l’obligation de signaler aux autorités judiciaires et administratives les cas de violences sexuelles infligées à un mineur ou à une personne vulnérable.

Le ministre de l’Intérieur a invité Éric de Moulins-Beaufort à venir échanger avec lui sur « cette cassure du secret de la confession dans de tels cas ».

« La loi de la République s’impose aux lois des églises. C’est comme ça. C’est la République française » a conclu Gérald Darmanin.

De son côté, Éric de Moulins-Beaufort défend « le secret de la confession qui a toujours été respecté par la République française et qui n’est pas contraire au droit pénal français ».

Les deux hommes se rencontreront mardi.

« Le rendez-vous permettra d’échanger sur le sens du sacrement de la confession pour les catholiques et sur les fondements théologiques, spirituels et canoniques du secret de la confession » a souligné l’évêque.

En France, le secret confessionnel est un secret professionnel et, en cas de violation, peut être puni d’un an de prison et 15 000 euros d’amende.

Toutefois, ce secret professionnel n’est pas absolu.

Il ne s’applique pas aux confidences faites hors confession.

Il ne s’applique pas non plus aux atteintes sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans et autres personnes vulnérables.

7 octobre 2021

07|10 ~ LOIRE-ATLANTIQUE ~ « On a étouffé des affaires. On a compté sur le silence des victimes ».

Classé dans : ÉGLISE,SOCIÉTÉ — fierementgay @ 9 h 17 min

nantes

« Je veux d’abord exprimer ma très grande honte devant ce que nous avons entendu et qui dépasse de loin ce que nous attendions ».

Quelques heures après la publication du rapport Sauvé sur les actes de pédocriminalité dans l’Église française, le ton est grave.

Monseigneur Laurent Percerou, évêque de Nantes,  a tenu à se présenter en personne devant la presse pour adresser ses pensées aux « très nombreuses victimes ».

« Nous entendons leurs cris » a-til déclaré.

Si l’évêque regrette que « le péché de quelques-uns retombe sur tout le monde », il admet une responsabilité collective.

« Ces faits ont été minimisés. On a déplacé les prêtres de poste en poste, quand il y avait des rumeurs. On a étouffé des affaires et compté sur le silence des victimes. Il nous faut le reconnaître aujourd’hui ».

Laurent Percerou remet aussi en cause « l’abus de pouvoir et l’abus d’autorité, qui conduisent parfois les plus pervers à des abus sexuels ».

Une position parfois provoquée par « la façon dont les prêtres et les évêques vivent leurs responsabilités ».

Mais, selon lui, « l’Église n’est pas restée totalement les bras croisés ces dernières années ».

Il met en avant cette cellule régionale d’accueil et d’écoute, mise en place dans les Pays-de-la-Loire, il y a plusieurs années.

Composée de six personnes, elle a récolté le témoignage de 71 victimes depuis 2016.

« Nous savons bien qu’il y en a beaucoup plus. Rien qu’en Vendée, il y en a plusieurs dizaines » rapporte le référent de cette cellule.

Au total, 65 agresseurs ont été identifiés dans la région.

Des personnes, souvent décédées, qui ne pourront donc pas être jugées.

« Un forfait pour une aide psychologique pourra être décidé » selon Laurent Percerou.

« Ce ne sera pas facile, mais un appel aux dons pourra être lancé aux fidèles. Il ne s’agira pas de leur faire les poches, mais de porter tous ensemble le péché de quelques-uns ».

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